SEN028

CONTEXTE

  • Contexte général

Les relations de coopération bilatérale entre la République du Sénégal et le Grand-Duché de Luxembourg datent de la fin des années 1980. A partir des années 2000, cette coopération a pris de l’ampleur à travers l’adoption de Programme Indicatif de Coopération (PIC). En avril 2002, un accord instituant une Commission de partenariat entre les deux pays est signé et le premier PIC, couvrant  les périodes 2002 et 2006, est adopté. Le deuxième PIC, signé en 2007 à Dakar, couvre la période comprise entre 2007 et 2011. Les enseignements tirés de l’exécution du PIC II ont permis de jeter les bases du troisième PIC, signé en octobre 2011 et couvrant la période 2012 - 2016.

Comme pour le PIC II, ce troisième Programme Indicatif de Coopération (PIC III 2012 – 2016)  est aligné sur les priorités nationales notamment sur la Stratégie Nationale de Développement Economique et Sociale (SNDES) et sur les politiques des secteurs de concentration du programme. La SNDES met l’accent sur la création de richesses, le renforcement de la gouvernance, le développement des secteurs stratégiques ayant des impacts significatifs sur l’amélioration du bien-être des populations et la demande sociale. Elle prend aussi en charge des questions transversales telles que l’emploi, le genre, la protection sociale et le développement durable.

L’analyse des processus opérationnels et des résultats a conduit  la Commission de Partenariat entre les deux Etats tenue en novembre 2010, à la conclusion  que le PIC II a permis aux bénéficiaires des régions d’intervention (St Louis, Louga et Matam) de disposer d’une couverture en services sociaux de base en santé, en approvisionnement en eau et d’accéder à des formations professionnelles répondant à leurs besoins. La Commission a cependant considéré que l’amélioration du niveau de l’appropriation nationale pourrait imprimer une dynamique accélératrice dans l’atteinte des OMD.

Dans cette optique et pour une mise en œuvre plus soutenue des principes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement, il a été décidé d’opérer un double changement d’orientation dans le cadre du PIC III : l’adoption résolue de l'approche programme au détriment de l'approche projet, et un recours accru aux modalités d'exécution nationale. Ces deux nouvelles orientations ont fortement marqué la conception des nouvelles interventions.

Le PIC III s’inscrit dans la continuité du PIC II et poursuit l’objectif de contribuer à la réduction de la pauvreté et au développement durable en ciblant prioritairement :

  • le secteur de la santé de base et ambitionne de contribuer à la réduction significative du poids de la mortalité et de la morbidité materno-infanto-juvénile dans les trois régions Nord du Sénégal (programme SEN/027),
  • le secteur de l’enseignement technique et de la formation et de l’insertion professionnelle et ambitionne de contribuer à la réduction de la pauvreté par la mise en place d’une dynamique maîtrisée d’insertion des jeunes formés en quête d’emploi dans les trois régions du Nord et les quatre régions du Centre (programme SEN/028),
  • le secteur de la décentralisation et de l’éducation citoyenne, dans lequel il ambitionne de contribuer à renforcer la gouvernance sociale locale dans les trois régions du Nord du pays (programme SEN/029),
  • A ceci s'ajoute un programme d'appui à l'exécution nationale (SEN/030) qui comprend un volet d'appui à la mise en place de modalités d'exécution plus alignées sur les dispositifs nationaux et un volet de renforcement institutionnel du Ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement.

Pour favoriser une plus grande appropriation et un meilleur alignement, le PIC III met l’accent sur le  renforcement des capacités institutionnelles et humaines, la bonne utilisation des ressources et la bonne gouvernance.

Une autre innovation du PIC III est l’ouverture à la coopération déléguée conformément aux recommandations de l’OCDE. Ainsi, les interventions de la Belgique dans le secteur de la formation professionnelle et technique (FPT) ont été confiées au Luxembourg, de sorte que la zone de concentration opérationnelle du programme (ZCO), s’est élargie aux régions de Diourbel, Fatick, Kaolack et Kaffrine. En plus des régions de Louga, Matam et Saint-Louis couvertes dans le PIC II.

Pour chacun des quatre programmes du PIC III, des actions spécifiques ont été définies pour prendre en compte effectivement les thématiques transversales que sont le genre, l'environnement et la gouvernance.

Aux interventions bilatérales du PIC s’ajoutent celles multilatérales  mises en œuvre par les agences du Système des Nations unies (PNUD, BIT, ONUDI pour le secteur de la FPAA).

  • Contexte spécifique

Les assises nationales de l’ETFP, tenues en 2001, ont jeté les bases de la réforme en profondeur du système de formation professionnelle et technique dont le Programme Décennal de l’Education et de la Formation (PDEF 2001 – 2011) a été le cadre d’opérationnalisation. Dans le cadre de la mise en œuvre du PDEF, d’importantes avancées ont été réalisées dans les domaines de (i) l’accroissement de l’offre de formation, (ii) l’adéquation des profils des formés aux besoins du marché du travail et, (iii) l’amélioration du pilotage de la formation professionnelle et technique. Le programme d’appui à la mise en œuvre de la réforme de la FPT (SEN/024, composante du PIC II), a  contribué de manière significative et structurante à l’atteinte de ces résultats.

Pour approfondir et consolider les acquis du PDEF arrivé à terme en 2011, le Gouvernement du Sénégal a formulé une nouvelle Lettre de Politique générale pour le Secteur de l’Education et la Formation, couvrant la période 2012-2025 dont le Programme d’Amélioration de la Qualité, de l’Equité  et de la Transparence (PAQUET) constitue le cadre d’opérationnalisation.

L’harmonisation des interventions et l’alignement de l’assistance au développement fournie par les partenaires techniques et financiers (PTF) sur les priorités nationales constituent un des principes généraux d’intervention du PAQUET. A ce titre, l’utilisation des procédures et compétences nationales, modalité dominante de l’exécution du PAQUET, est en phase avec les options retenues dans le PIC III.

A travers le PAQUET, l’Etat du Sénégal compte faire de la formation professionnelle et technique un levier important pour l’amélioration de la compétitivité de l’économie et la création de richesses. Pour ce faire, les orientations suivantes ont été retenues :

  • promouvoir la formation professionnelle orientée vers le marché de l’emploi ;
  • intégrer l’apprentissage dans le système de formation professionnelle et technique ;
  • développer la gouvernance partenariale avec un renforcement du partenariat public /privé;
  • appuyer l’insertion des sortants du système de formation professionnelle.

Dans le cadre de la mise en œuvre du PAQUET, le gouvernement du Sénégal bénéficie du soutien du Grand-Duché de Luxembourg à travers le programme de coopération bilatérale PIC III 2012-2016, et plus spécifiquement par le biais de sa composante SEN/028 «Programme d’Appui à la Formation et à l’Insertion professionnelle».

Le programme SEN/028 s’aligne totalement sur la stratégie du ministère en charge de la Formation professionnelle et technique (FPT) et poursuit l’objectif spécifique de contribuer au développement d’une formation professionnelle et technique de qualité, équitablement accessible aux filles et aux garçons et répondant aux besoins du développement économique et social.

Pour atteindre cet objectif, le programme SEN/028 met l’accent sur :

 

  • l’amélioration du pilotage et de la gouvernance de la FPT
  • l’amélioration de la qualité de la FPT avec notamment la réforme des curricula selon l’APC et  l’implantation des programmes ;
  • la consolidation et l’extension de l’apprentissage rénové en vue d’une couverture nationale permettant l’accès des jeunes du milieu rural et des zones défavorisées ;
  • l’accroissement de l’accès à la FPT à travers la mise en place de dispositifs innovants de formation  et des projets de construction et de réhabilitation de structures de formation ;
  • l’amélioration de l’efficacité externe à travers le renforcement des activités d’accompagnement des jeunes sortants sur le chemin de l’insertion professionnelle, la mise en œuvre de projets de formation insertion.

Responsable de l’unité de gouvernance et de la cohérence d’ensemble du système de FPT, le MFPAA est également chargé d’assurer l’atteinte des résultats du système de formation professionnelle, autant sur le plan quantitatif que qualitatif,

C’est pourquoi, le MFPAA met l’accent sur la gestion accès sur les résultats pour assurer le succès de la nouvelle politique de formation professionnelle et technique qui passe nécessairement par la mise en place de dispositifs de pilotage et de gestion du système de FPT efficaces et efficients.

La gestion axée sur les résultats  exige la production régulière de données statistiques  fiables, exhaustives et d’indicateurs pertinents permettant d’apprécier périodiquement les performances réalisées

En effet, les administrations nationales, les partenaires techniques et financiers, les bénéficiaires ont besoin d’être informés sur les activités de la FPT, les évènements du secteur ; cela suppose la collecte, le traitement, l’analyse et la diffusion d’informations pertinentes à l’endroit de ces parties prenantes.

Enfin, le Ministère a connu plusieurs mutations qui ont profondément modifié son organisation et son organigramme, par exemple l'artisanat est venu s'ajouter aux départements du Ministère.